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Message de l'Évêque président pour l'Épiphanie (An Epiphany message from the Presiding Bishop)

1/13/2005
[Episcopal News Service]   

Chers frères et sœurs,

Je vous écris en cette saison de l'Épiphanie durant laquelle nous méditons sur la révélation de la gloire de Dieu dans l'image de Jésus Christ qui a assumé notre humanité dans toute sa plénitude. Chaque visage humain porte par conséquent l'empreinte de Jésus et est d’une grande valeur au regard de Dieu.

J'en suis tout à fait conscient au moment où notre communauté mondiale continue à faire face aux répercussions du tremblement de terre et des tsunamis du 26 décembre qui ont affecté 11 pays d'Asie du Sud. Les gens et les nations sont tous venus en aide, témoignant d'une grande générosité et d'un sens profond de l'interdépendance et de la solidarité. Le Fonds épiscopalien de secours et de développement (ERD) m'a fait part du déferlement de sollicitude et de compassion ; il a reçu à ce jour plus de deux millions de dollars et de nouveaux dons continuent à arriver chaque jour.

Alors que nous sommes confrontés au défi que représente cette dévastation, il nous faut garder à l'esprit que la maladie, la pauvreté, la faim et les guerres civiles sont des réalités constantes de notre monde. Nous savons par exemple que 165 000 personnes, pour la plupart des enfants, meurent chaque mois du paludisme, 240 000 du SIDA et 140 000 de la diarrhée. Pratiquement tous ces décès peuvent être évités. J'espère et je prie pour que la tragédie des tsunamis nous ouvre les yeux et le cœur à ce qui se passe quotidiennement à une échelle moins dramatique mais beaucoup plus vaste.

Nous vivons dans l'illusion de la sécurité et de la permanence. Puis soudain une catastrophe naturelle aux proportions écrasantes, telle que les tsunamis ou les cyclones qui ont causé des ravages sur nos propres côtes l'année dernière, nous rappelle brutalement la nature incertaine de notre vie mortelle. Face à la tragédie, nous qui sommes des êtres humains fragiles à l'avenir incertain, nous sommes amenés à nous poser la question : où est Dieu dans tout cela ?

Nous nous posons cette question dans toutes sortes de circonstances. Où est Dieu lorsque meurt un enfant ? Où est Dieu lors d'un accident de voiture une nuit enneigée ? Où est Dieu lorsque nous voyons un être aimé sombrer irrévocablement dans le brouillard de la maladie d'Alzheimer ? Où est Dieu lorsque les guerres déchirent des nations et consomment nos ressources et notre énergie ?

Où est Dieu dans tout cela ? Notre Dieu n'est pas étranger aux souffrances, c'est un Dieu qui nous est révélé au travers du mystère de la Croix, un Dieu qui partage notre fardeau et nous accompagne dans notre souffrance.

Dans le même temps, la présence de Dieu se manifeste par notre intermédiaire lorsque nous sommes activement solidaires de ceux qui souffrent. Notre attention et notre préoccupation sont une manifestation de la propre attention et préoccupation de Dieu. En nous et au travers de nous, le Christ continue son œuvre de réconciliation et de guérison. C'est par conséquent manquer de foi que de rester passivement à se demander où se trouve Dieu dans tout cela sans demander également comment la présence, la compassion et l'attention de Dieu cherchent à se manifester dans des actes de générosité et de service.

Ceci me rappelle la notion de Saint Paul de fraternité aux souffrances du Christ. Lorsque notre humanité est dévoilée, lorsque nous perdons la maîtrise et que nous ne pouvons plus nous cacher derrière notre opulence et notre apparente autonomie, nous sommes contraints de nous montrer avec les autres à découvert dans la vraie réalité où nous nous trouvons. C'est dans de tels moments que la communion de l'Esprit Saint se réalise dans une vulnérabilité partagée et que nos cœurs s'ouvrent à la profonde compassion de Dieu qui est la racine et le fondement de l'univers.

Il est si essentiel pour nous dans notre église de nous rapprocher des autres, tout particulièrement de ceux avec qui nous avons des différences d'opinion, non pas comme des ennemis ou des adversaires mais comme des frères et sœurs vulnérables qui, en dépit d'une force et d'une sécurité apparentes, ont leurs propres anxiétés, craintes et fardeau à porter. Les tensions qui existent actuellement au sein de la Communion anglicane ne sont-elles pas une occasion que Dieu nous donne de recadrer et de réordonner le type de rapport que nous avons avec les autres ? N'est-ce pas là une invitation à vivre le mystère de la communion dans l'Esprit Saint à un niveau plus profond et à nous unir pour être au service de ceux qui ont tant perdu et qui sont tant dans le besoin ?

J'ai écrit aux primats des églises dans les zones affectées par les tsunamis pour leur faire part de notre affection et de notre préoccupation, et de notre engagement à les aider dans ces moments de besoin. La communion, comme on le dit souvent, est faite de nombreux tissus de relations. L'un des aspects les plus fondamentaux de la communion est le désir de se dépasser pour le bien des autres dans le pouvoir de l'amour de réconciliation de Dieu.

Une assemblée spéciale de la Maison des Évêques convoquée pour traiter du rapport de la Commission Lambeth sur la communion intitulé Rapport Windsor, vient de s'achever. Je vous recommande le message que les évêques ont dirigé à l'église à la suite de cette assemblée. Vos évêques ont reconnu que l'essence du Rapport Windsor est une invitation à renforcer les liens d'affection réciproque entre les églises de la Communion anglicane au service de l'œuvre missionnaire. Je pense que la catastrophe actuelle en Asie du Sud-Est, outre le rappel qu'elle nous donne de notre besoin constant d'être solidaires de la souffrance de nos frères et sœurs de par le monde, est la manière selon laquelle nous sommes appelés à vivre une dure vie d'abnégation de soi dans la communion pour le bien de ce monde que Dieu aime et chérit tant.

Quant à moi, votre Évêque président, je vous suis profondément reconnaissant d'avoir tous répondu si généreusement à la situation présente en Asie du Sud. Je prie également pour qu'en tant qu'église, nous continuions à nous dépasser dans la communion et à être chaleureusement au service de ceux qui, dans de nombreuses parties du monde, supportent quotidiennement le fardeau de la pauvreté et de la maladie et qui vivent avec peu d'espoir d'être entendus. Le Seigneur entend les gémissements des pauvres et nous devons les entendre aussi.

Fidèlement dans le Christ,

Frank T. Griswold

Évêque président et Primat