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Le péché du racisme: Appel à l'engagement
Lettre pastorale de la Chambre des évêques de l'Église épiscopale Mars 2006

3/27/2006
[Episcopal News Service]  Nous, évêques de l'Église épiscopale, avons reconnu la réalité douloureuse des conséquences du racisme dans la lettre pastorale de 1994 intitulée « Le péché du racisme ». Nous avons dans cette lettre déclaré que « le racisme a pour essence les préjugés associés au pouvoir ». Il trouve sa racine dans le péché d'orgueil et d'exclusivité qui suppose « que moi-même et les gens comme moi sommes supérieurs aux autres et méritons par conséquent des privilèges spéciaux ». Nous publions la présente lettre pastorale au sujet du péché omniprésent qui continue d’empoisonner notre vie en commun dans l'église et dans notre culture. Nous reconnaissons notre participation à ce péché et nous regrettons ses effets corrosifs sur notre vie. Nous nous repentissons de ce péché et nous demandons à Dieu la grâce et le pardon.

Lorsque Jésus est entré dans la synagogue lors de son premier acte public de ministère (Luc 4), il a lu un texte du prophète Isaïe. La vision proclamée est connue comme le souhait de Dieu, le royaume de paix, une société de justice et de shalom, ou la cité située sur le mont. C'est un symbole de l'intention de Dieu pour toute la création - que les êtres humains vivent dans la justice et la paix l’un envers l’autre, que les pauvres soient nourris, logés et vêtus, que les malades soient guéris, que les prisonniers soient libérés et que soit restaurée la bonne relation de tout l'ordre créé. Cette vision est notre objectif et notre vocation en tant que chrétiens.

La vérité fondamentale qui sous-tend cette vision est que nous sommes tous à l'image de Dieu. C'est dans notre diversité que nous découvrons la richesse de cette image. Si nous jugeons qu’une classe, une race ou un sexe est meilleur qu'un autre, nous violons le souhait et l'intention de Dieu. Et lorsque nos systèmes sociaux et culturels exacerbent ou codifient ces jugements, nous faisons violence à ce que Dieu a créé. Le racisme est un affront radical au don de Dieu, tant dans la création décrite dans la Genèse que dans la réalité de l'Incarnation. Jésus est venu parmi nous pour mettre fin à ce qui nous divise, comme Paul le dit si clairement dans Galates 3 : 28, « dans le Christ, il n'y a plus ni juif ni grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus ni homme ni femme ».

Chaque fois que les comportements individuels ou collectifs vont à l'encontre de la vision de Dieu, nous promettons de répondre d'une manière qui servira à guérir : « Vous battrez-vous pour la justice et la paix pour tous les peuples et respecterez-vous la dignité de chaque être humain ? Je le ferai avec l'aide de Dieu » (Livre de la prière commune p.     ). Dieu nous a créé avec une peau de nombreuses couleurs différentes, Dieu nous a créé en milliers de tribus et de langues et aucune n'est plus à l'image de Dieu que l'autre. C'est notre comportement qui apporte la preuve que nous sommes à l'image de Dieu et non la couleur de notre peau.

À la suite des cyclones de 2005, le monde a été témoin du mal du racisme et du classisme institutionnalisés aux États-Unis. Les pauvres et les gens de couleur ont souvent été servis les derniers - voire pas du tout - tandis que les résidents riches et privilégiés disposaient de plus de ressources pour échapper au danger immédiat des cyclones et commencer le processus de reconstruction. Nous sommes tous couverts de honte par le péché du racisme face à la réalité de l'inégalité en matière de logement, d'emploi, d'éducation, de soins de santé et d'intervention en cas de catastrophe.

Les membres de la Chambre des Évêques réunis à Hendersonville en Caroline du Nord le 21 mars 2006, en cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, nous engageons en tant qu'évêques à discerner et à confesser nos propres préjugés et notre propre complicité au péché omniprésent du racisme, à l'affronter et à nous racheter de manière intentionnelle chaque fois que notre Chambre se rassemble. Nous demandons à l'Esprit Saint d'habiliter la Chambre à vivre pleinement cet engagement et nous invitons les membres de notre Église à s'engager avec nous dans les actions suivantes au plan personnel, des entreprises et mondial. Avec l'aide de Dieu, nous allons :

  • renouveler notre engagement envers la lettre pastorale de 1994 intitulée « Le péché du racisme », prendre à notre compte de dénoncer, démanteler et régler les situations d'injustice fondées sur le racisme ;
  • demander pardon pour notre manque de charité et de prise de conscience des situations qui dégradent l'image de Dieu chez notre prochain ;
    nous racheter pour notre position et nos avantages non mérités par suite de situations injustes tant présentes que passées ;

  • habiliter tous les membres de la famille humaine de Dieu pour qu'ils puissent vivre dans la plénitude de ce qu’est l'intention de Dieu ;

  • encourager l'église dans son ensemble à continuer et étendre son travail d'éducation, de formation spirituelle et anti-raciste, pour que tous puissent découvrir les richesses de la création diverse de Dieu, tout particulièrement dans ceux qui diffèrent de nous ;

  • plaider pour la mise en œuvre des Objectifs de développement pour le Millénaire par la Société missionnaire locale et étrangère, nos diocèses respectifs, les paroisses qui les composent et nos gouvernements, ainsi que nos propres foyers, pour que le souhait de Dieu devienne de plus en plus évident pour toute l'humanité ;

  • recruter des gens de toute race et origine ethnique et leur donner le pouvoir en tant que leaders de notre église et en tant que membres de tous les conseils, agences, commissions et comités ;
    affecter des ressources équitables à toutes les races et origines nationales en matière de financement de l'éducation théologique pour tous les ministères, laïcs et ordonnés ;

  • plaider pour une poursuite de la réponse à l'héritage plein de péchés de l'esclavage ; dénoncer les situations de racisme et de classisme environnementaux qui empoisonnent et menacent les plus pauvres parmi nous et demander justice pour ces communautés ; et

  • plaider pour le traitement compatissant de l'étranger parmi nous et exiger des politiques d'immigration justes.

Nous étant engagés l'un envers l'autre en convenant d'éliminer le péché du racisme au niveau personnel et des entreprises de manière très spécifique, nous, les évêques de l'Église épiscopale, invitons tous les membres de notre Église à se joindre à cette mission de justice, de réconciliation et d'unité. C'est là l'expression de notre engagement envers le pacte fondamental dont nous sommes convenus au moment de notre baptême.

Que Dieu nous donne la volonté de faire ce travail de réconciliation, et le pouvoir et la grâce de l'accomplir.

Nous demandons que cette lettre pastorale soit lue dans toutes les églises dès que possible.