'I look at this as a baptism'
A Lenten reflection from the bishop of Haiti
[Episcopal News Service] Diocese of Haiti Bishop Jean Zaché Duracin offers the following Lenten reflection, commenting on the situation in Haiti and the need for faith, prayer and renewal in the midst of devastation caused by a magnitude-7 earthquake on Jan. 12. The text follows in both English and French.
January 12 was a terrible day for the Haitian people. The earthquake left not a soul untouched. There is not a single family that did not lose a close friend or member: Mothers, fathers, siblings, in some cases entire families disappeared.
As for resources, we have next to nothing. The wreckage is beyond imagination.
However, this situation delivers us into faith. I look at this as a baptism. We who are still alive have had the blessing of survival, but in many ways we have died to the ways of the past. We have the opportunity to rise up and start anew. In this moment of grief and mourning, life must continue.
During this Lenten season, it is important for us in Haiti to turn inward and rediscover all that is just within us. It is imperative that we be reborn in this moment. We will live without the physical trappings of the church because we still have the same spiritual guidance, the confessions, the conversations, the reflections.
We need faith. We must go forward with confidence and hope. The Haitian people are fighters. We will not give up. We must see within this situation the possibilities that exist. Jealousy, anger, hatred – this is not the time for these. We turn to Jesus Christ, who did not fall into temptation; though he was in hard situations, he overcame death in victory.
We await the resurrection of Christ as we explore what is found in this wreckage. Dear ones were lost, houses, clothes, possessions, memories – lives are reduced to nothing. The church lost precious belongings, and the physical foundation of the state is in ruins.
Yet, we Haitians are speaking to each other in new ways. We can look at each other with new eyes. We can create a society of respect and love so that we may truly live as children of God. This is how we can rebuild our country.
We have also seen how other people – other nations – love us. The people of this Episcopal Church have sent countless messages witnessing sympathy. Knowing we are not alone gives us confidence in new life. We receive comfort and consolation in our relationships.
My wife was injured in the earthquake and left to seek medical care. I cannot visit her. I miss her and wish she were here with me. It is difficult to be separated. But this separation has given me solitude and has enabled me to reflect in a new way about how to proceed in a life founded in God as a Christian.
It is natural to question, but we hold on in faith to God – God who is always good, the God of infinite compassion. That we were struck by this tragedy does not mean God is not with us. He is here. We must always remember that God lives in this world. There is pain, but there is also joy. He gives us assurance not of the life that ends, but the life that is eternal.
The earthquake did not diminish our worship, though it altered the places where it takes place. The church has not faltered and must now rise to a new role. Belief in Christ and love for our Lord carries us into a new phase of construction. We will raise new places to worship God.
We are looking forward to a celebration of Easter; familiarity of religious practices sustains us. We give glory to God. We sing within the church of the world. We celebrate life with the same spirit we were given it. In the middle of all the deaths, there is a God of love and of life, and we must shout Alleluia with the living.
-- From an interview with Bishop Jean Zaché Duracin of Haiti, conducted in French and translated by Cecily Hutton, assisting the Episcopal Diocese of Haiti and Episcopal Relief & Development in relief and recovery efforts in Haiti.
Ce douze janvier 2010 a été un jour effroyable pour le peuple Haïtien. Toute la population a été affectée par ce tremblement de terre. Il n' y a aucune famille qui n'ait perdu un ami ou un membre quelconque : le père, la mère, un frère ou une soeur. Dans ces certains cas, la famille entière a disparu.
Nous sommes presque entièrement démunis. Je n'ai jamais vu une situation pire que celle-là. Les dégâts dépassent l'imaginaire.
Cependant, cette situation très critique doit redonner de la vigueur à notre foi et doit être considérée comme une sorte de baptême. Nous qui sommes vivants, nous qui avons survécu, nous avons reçu le cadeau de notre vie. Nous avons l'opportunité de nous relever et de recommencer à zéro. Dans ce moment de douleur et de deuil, il faut que la vie continue.
Durant ce Carême, il est très important pour nous en Haïti de faire une introspection et redécouvrir tout ce qui est juste en nous. Il est impérartif de naître de nouveau. Malgré les dégâts occasionnés à nos lieux de culte, nous allons devoir vivre notre foi parce que nous avons encore notre guide spirituel, les confessions, les conversations, et les réflexions.
Il faut garder la foi. Il faut avancer en confiance et avec espoir. Le peuple Haïtien est résistant et se relèvera pour surmonter ce défi, et aller de l'avant. Nous devons identifier les possibilités qui existent dans cette situation. Fini la jalousie et la haine ! Nous devons tourner notre regard vers Jésus, qui n'est pas tombé en tentation dans les situations difficiles mais qui a vaincu la mort.
On attend la résurrection du Christ tout en explorant les décombres. On a perdu des personnes chères, nos maisons, nos vêtements, tout ce que nous possédions, nos souvenirs ; les vies sont réduites à rien. L'Eglise, elle-même, a perdu ses immeubles et ses activités ont été très touchées. Quant aux fondations physiques de l'Etat, elles ont été en grande partie détruites.
Cependant, nous Haïtiens, nous nous parlons et regardons avec de nouveaux yeux. On peut maintenant créer un société d'échange, de respect, d'amour pour vivre réellement comme les enfants de Dieu. Voilà comment on peut reconstruire notre pays.
Nous avons vu aussi que beaucoup de gens d'autres nations nous aiment. Nous avons reçu également des témoignages de sympathie de notre Eglise Episcopale. Nous ne sommes pas seuls ! Tout cela doit nous réconforter, nous aider à aller de l'avant, à avoir plus de confiance en nous.
Ma femme a été frappée, blessée, mais elle a pu se rendre à l'hôpital pour s'y faire soigner. Elle me manque, et je veux qu'elle revienne parce que la séparation est difficile à supporter. Mais cette séparation physique, même si elle est source de solitude, me permet de réflechir d'une autre façon, pour aller de l'avant, pour vivre profondément en Dieu, comme chrétien.
Dans ces moments de désastre, il est normal de s'interroger, mais il est impératif de maintenir la foi en Dieu : Dieu tout puissant, Dieu toujours bon, de la compassion infinie. Etre blessé par la tragédie ne veut pas dire que Dieu n'est pas là. Il est là. On se souvient que Dieu habite toujours en nous, il habite dans ce monde. Il y a de la peine mais aussi de la joie. Dieu nous donne l'assurance d'une vie qui est éternelle.
Le tremblement de terre n'a pas diminué notre vénération, nos pratiques, bien que les bâtiments ont été dévastés. L'Eglise ne tergiverse pas, elle joue un nouveau rôle. La croyance en Jésus-Christ et l'amour pour notre Dieu nous guident dans cette phase de reconstruction. Nous allons reconstruire des lieux pour continuer à adorer Notre Seigneur.
Nous allons poursuivre la célébration de nos activités. Ainsi, préparons nous à célébrer prochainement Pâques. Cela ne peut que nous donner de l'espérance. Célébrons la gloire de Dieu. Nous chantons dans l'église du monde. Réjouïssons nous car la vie et l'esprit nous ont été donnés. Même au milieu de la mort, c'est toujours un Dieu d'amour et de la vie : il faut chanter Alleluia avec les vivants!





